Le sens du travail ? C’est par là !

Le sens du travail, c’est par là !

L’alpha et l’oméga du travail c’est le sens. Pourtant si on pose la question, si on SE pose la question la seule réponse qui va venir sera celle de l’utilité : on travaille pour se croire utile, en tout état de cause, le moins inutile possible.

Cette dimension n’est pourtant qu’un après coup, un semblant, une justification à posteriori, d’une raison beaucoup plus profonde : on travaille pour travailler. Soyons plus clairs encore : on ne travaille QUE pour travailler.

Pour choquante qu’elle apparaisse aux yeux de tout travailleur, cette raison est la plus profonde et la plus vraie qui puisse exister. Le travail est une pulsion, et comme toute pulsion elle doit s’exprimer puis s’imprimer.

Sans quoi il n’y aurait pas de raison d’inventer des postes et des fonctions qui ne servent à rien d’autre que de remplir des besoins nommés pour la circonstance, le revenu d’existence obligatoire ne poserait aucun problème psychologique et le chômage serait une bénédiction.

Mais une fois sorti de ce pur réel pulsionnel du travail, il reste ce que nous connaissons tous : le vécu, l’élaboration et la construction, la mise en lumière et en scène, en mots, en ordre de cette énergie afin qu’elle devienne Du Désir.

Pour cela, elle va s’enfler d’un idéal, retourner vers elle même la violence, construire des symboles de son existence et se parer de social. L’idéal deviendra utilité, la douleur se fera bonne fatigue ou jouissance, voire troubles psycho sociaux, et le social deviendra politique d’emploi et économie, tout cela constituant le carburant psychique de la vie de travail.

On y ajoutera l’argent qui est au travail ce que le sexe est à l’amour : la preuve qu’un processus est à l’œuvre , un hublot, un « regard » sur le cœur de la chaudière, qui permet en un coup d’œil, en permanence, de vérifier rapidement que la relation fonctionne encore pour l’instant.

Voilà le sens que nous donnons au travail : l’argent et l’utilité – parfois – oblative. Mais il s’agit là de  simple éthologie humaine, d’un processus qui n’est pas encore tout à fait caractéristique de notre espèce. Pour comprendre où se trouve le sens du travail, il faut aller vers la parole.

Le sens du travail à cet endroit ne relève que de l’appui de ce processus « pulsion et Désir » à la sphère de la relation inter individuelle dans laquelle le désir ne prend son SENS pour un Sujet parlant que du désir d’un autre sujet parlant.

Le sens du travail alors, est contenu dans ce qui se produit lorsqu’à un sujet échoit, pour un instant, la capacité à tenir une parole vraie sur une situation collective. Il DIT et cela suscite le mouvement désirant chez les autres.

Le sens du travail consiste à suivre une parole qu’on a fait sienne, ce qui donne une direction. Le sens du travail, c’est juste une direction. C’est pourquoi il est possible de dire « le sens du travail c’est par là ». Son absence peut créer des situations assez brutalement mortifères ainsi que nous pouvons le constater tous les jours dans des entreprises où les gens vont très mal.

Ce constat ouvre toutes les possibilités, les  meilleures et les pires. Aussi, cette définition très particulière du sens (mais proche du terrain et de la réalité de tous les niveaux de l’entreprise),  ouvre à un corollaire moral : la décision volontaire, délibérée, systématique de connaître, pour la préserver, l’identité professionnelle.

Cela s’appelle l’éthique du travail. A mettre en œuvre de façon urgente.

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