Le paradoxe des vacances

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L’alternance entre le repos et le travail semble inscrite comme une dualité dont chaque terme donne sa valeur à l’autre. Dieu lui-même, à ce que raconte le mythe fondateur, eut besoin que le septième jour vienne clore et signifier que les six précédents étaient devenus du travail. Si le repos est central on voit bien que son efficacité repose (!) principalement sur un « effet de sens » particulier. Les vacances de ce point de vue ne viennent pas faire autre chose que révéler le travail comme une contrainte, obligeant de façon tout aussi contraignante le temps de vacance à n’être que l’inverse de la contrainte du travail. Bien sûr une alternance d’activité est nécessaire, tout autant que le repos.

L’institutionnalisation de cette alternance est éminemment culturelle, inscrite dans l’histoire récente, dans la religion, la physiologie. La contrainte des vacances peut donc exister, qui vient en accusation d’un désir de travail qui n’a qu’à se tenir dans les clous du collectif ; où il se trouve parfois mal logé. Car c’est le propre du Désir que de supporter difficilement les freins à l’expression.

Mais au final, si on se trouve si bien en vacances pourquoi ne pas postuler (au diable l’avarice) une « pulsion de vacances » ? Sans doute parce que la pulsion de travail contient la vacance seulement comme scansion propre à son expression. De ce point de vue, vacance et travail ne seraient ils pas les deux faces d’une même pièce, celle de la pulsion de travail ?

Plus précisément peut être, la vacance est principalement une zone de passage entre deux mondes pulsionnels. Les vacances sont utiles pour permettre de passer du travail à l’amour, les retours sont utiles pour passer de l’amour au travail, un by-pass pulsionnel en quelque sorte. La passion du temps de loisir deviendrait ainsi, le symptôme d’un trouble du désir.

Marcus

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C’est plus fort que moi, après quatre jours de vacances, je m’ennuie. Les musées, les randonnées, la plage, les amis et les enfants m’apparaissent vains. Je voulais ces vacances et j’ai dépensé beaucoup pour les rendre formidables. Mais je dois l’avouer, je m’ennuie en vacances, et quand elles seront finies je serai content, même si dés le retour je commencerai à penser aux prochaines.

Je prends un air exaspéré quand je suis dérangé par un de mes proches collaborateurs me proposant, avec ses plates excuses, une question urgente. C’est pour donner le change à l’entourage, dans le fond, je suis ravi.

En fait, quand même, j’aime bien ce temps des vacances, je vois bien que je renoue avec les enfants des relations qui se distendent à cause de nos activités respectives. Et puis il faut que je fasse le break pour pouvoir penser différemment. Mais une rupture de 4 jours, une semaine me suffirait bien.

 Mais je ne sais pas vivre sans enjeu, sans avoir à imprimer sur le monde qui m’entoure la marque que j’ai décidé d’y apposer. Je ne sais pas prendre du temps à ne rien faire. Il y a des problèmes à résoudre et rien ne me plaît mieux que de démontrer ma force en leur trouvant une solution.

A Pâques je prendrai des vacances, pour participer au Spi Ouest France. J’ai rejoint un équipage il y a deux ans. Ca, se sont des vacances. Je suis le co-propriétaire du bateau et je me charge du dossier. Préparer tout cela est.. .un boulot à plein temps. Pourtant tout cela reste du jeu, c’est une responsabilité secondaire, un jouet.

N’y a-t-il pas de sérénité possible face au travail ?


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3 nouveaux paradoxes du travail : (valeurs, domestique, engagement)

On continue la série sur les paradoxes au travail. Aujourd’hui le paradoxe des valeurs, le paradoxe domestique et le paradoxe de l’engagement. Bonne lecture !

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Les autres articles sur le même thème > Lire le 1er / Lire le 2nd / Lire le 3rd / Lire le 4me

Le paradoxe des valeurs

L’intérêt du travail passera toujours avant le salaire. Cette promesse faite à soi même par des milliers de personnes (sous la forme classique : « le jour où mon travail ne m’intéressera plus, je partirai »). C’est le luxe que des sociétés trop riches offrent – de plus en plus rarement – à leurs membres. Puis, là gît le paradoxe, le salaire va devenir mesure de la valeur de la personne, là où il n’aurait dû que permettre la subsistance. Se révélera alors un autre paradoxe du travail : « se mesurer » peut prendre le pas sur « se réaliser ». Chercher à s’imprimer dans des valeurs et des objets visibles est un des nombreux signes qu’un processus désirant, faisant appel au regard de l’autre, est à l’œuvre.

François

Rien de ce que je fais ne correspond à ce que j’avais rêvé. Je m’étais dit : « Ce sera vivant, varié, intéressant et peu importe le salaire. Mais les circonstances de ma vie, me font me retrouver étrangement dans une « boîte » qui ne pratique aucune des valeurs auxquelles j’avais aspirées : le progrès, l’innovation, la confiance, le challenge, le développement. Pourtant j’y reste, j’y progresse, et si le vertige me prend parfois de ce grand écart, le salaire et le statut viennent me consoler. D’où est venue la difficulté ? Mon mariage ? Les enfants venus trop tôt ? Il fallait bien apporter de la sécurité à cette famille. A vrai dire, ni ma femme, ni mes enfants ne m’ont explicitement demandé cette sécurité. Mais moi j’y tiens, pour eux. Ce que je suis ne compte pas devant la sécurité des gens dont on a la responsabilité morale. En réalité, j’ai peur, et peur de savoir que j’ai peur. Dans un monde sous perpétuelle menace, comment tenir un discours de risque et de développement ? Le poste d’administrateur général France que j’attendais depuis 6 ans, va m’échapper. Le PDG vient de sortir de son chapeau un candidat jeune qui apportera du sang neuf. Tu parles, du sang neuf, ici! Je ne lui donne pas deux ans pour se casser la gueule, ou pour se casser tout court… En tout cas l’année prochaine je passe statutairement à l’échelon supérieur d’après la convention cadre, on va pouvoir acheter la maison de campagne en Lubéron. Je n’ai pas fait ce que je voulais, ni ce que j’avais dit que je ferai, mais j’ai la sécurité. De toute façon ils n’ont pas le droit de me virer. Mon Dieu ! Je pense comme un vieux con. Comment puis je travailler à l’inverse de ce que je suis ?

Le paradoxe domestique

Le souhait d’être cohérent avec soi même, tout autant que l’idée que nous sommes ou que nous aspirons à être « Un » « Entier » «  sans dualité », renforce en nous la représentation, voire l’idéal d’être « la ou le même », en toutes circonstances.

Il n’est pas si rare pourtant, de s’éprouver très différent au travail et hors travail. Bien sûr, la dimension affective pourrait contenir à elle seule, toutes les différences entre les deux mondes. Le lien du sang. Et c’est bien la différence essentielle entre ces deux mondes, le personnel et le professionnel.

Pourquoi la différence entre les deux mondes là apparaîtrait-elle comme environnement suscitant des comportements différents, plutôt que comme l’expression aboutie de sources énergétiques différentes ?

Henri

Je suis différent à la maison et au travail. C’est très clair. Au travail je suis fort, décidé, efficace et rapide. A la maison je ne suis pas grand-chose. Je ne fais pas grand-chose. Je suis même incapable de dire vraiment ce que je veux, je laisse aller, je ne sais pas quoi faire… A l’inverse il y a un gars dans ma direction qui ne fait pas beaucoup d’effort dans la boîte, au mépris de sa carrière, et il anime en bénévole trois associations : « Écolo passion », « Communes citoyennes », et agit dans le «groupe pour une vraie politique de l’eau », sans compter les vacances humanitaires à creuser des puits en Afrique. Je pense qu’il ferait mieux de bosser. Il fait ses heures mais on le sent dans les starting-blocks, dés 17 heures. Il rebat les oreilles de tout le monde avec ses idées sur l’écologie. L’entreprise n’est quand même pas là pour financer ses lubies et hobbies ! Je devrai travailler samedi, tant pis. Dimanche, je pourrai dormir. Les enfants vont râler, mais les bilans sont à produire pour le mois prochain. Le désir de travail peut il s’exprimer ailleurs qu’au travail ?

Le paradoxe de l’engagement

S’engager au travail, certes. Tout le monde peut être amené à penser et espérer que c’est là un élément fort de l’épanouissement. Comment cet engagement pourrait il  dépasser le sujet au point de cesser d’être la source de l’épanouissement ? Il y avait donc une autre source ? Cela  révèle alors un processus inconnu. Si les choses peuvent échapper de cette manière, si le processus s’emballe et que les conséquences débordent la volonté propre de celui qui travaille, au point qu’il puisse dire que cela le dépasse lui même. Alors on est amené à penser, encore une fois, qu’un processus désirant est à l’œuvre, faisant de la compulsion à travailler le symptôme d’une dualité particulière et rendant compte de ce  paradoxe supplémentaire d’un épanouissement qui appauvrit, devenant dépendance. Le Désir n’est certes pas synonyme de plaisir. Le Désir est ce qui résulte du Destin particulier d’une pulsion. Voilà que l’addiction au travail le révèle.

Jérôme

 Je veux du temps  pour moi, mais je le passe au travail, je continue à travailler. Mon bateau s’ennuie, mes amis m’attendent, ma compagne est partie. Le travail m’a coûté tout ce qui n’est pas le travail. Je n’ai plus que le travail qui est comme une drogue, je ne peux plus m’en passer et je ne pense qu’au travail. Et pourtant ce n’est pas ce que je voulais. Rien ne résiste à ma folie. Je n’ai pas d’enfants, et je redeviens célibataire régulièrement tous les ans. J’ai 39 ans, je viens de passer senior consultant dans ma boîte. Encore 3 ans j’aurai de quoi être associé, il suffit que je tienne le rythme. Je le tiens sans problème.


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3 paradoxes du travail (le bien être au travail – La retraite – Le millionnaire)

Les articles sur le paradoxe de la situation de travail > Lire le 1er / Lire le 2nd / Lire le 3rd

Le paradoxe du bien être au travail

Les contraintes de la réalité peuvent pousser quelqu’un à s’engager puis à demeurer dans des voies professionnelles peu appréciées, voire détestées, ou plus simplement encore dans des lieux d’exercice professionnel notoirement insatisfaisants. Or, même quand l’absolu de ces contraintes est levé, il n’est pas rare de voir les mêmes personnes décider de rester dans leur emploi, même sans plaisir.

Quel lien s’est donc tissé là ? On peut supposer des raisons matérielles et affectives : travailler près de sa famille, construire une maison, travailler au pays. On peut imaginer pourtant que ces raisons en elles-mêmes ne suffisent pas complètement. Il pourrait semble t-il y avoir dans la difficulté professionnelle comme la possibilité d’une expiation, à propos d’un péché inconnu, une vague culpabilité à expier ou expurger encore vis-à-vis de collègues ou même d’une entreprise, malgré, parfois, sa fin prévisible, inéluctable, qui plus est annoncée et proche. Point n’est besoin de bien-être au travail pour y être attaché, ni d’en attendre des avantages, ou la satisfaction des besoins de confort et de reconnaissance pour y rester lié. Une dimension proche de celle du sacrifice est à l’œuvre. Quiconque pratique un peu l’inconscient sait reconnaître là l’indice majeur d’une dynamique de Désir, masochiste certes, incontestablement et douloureusement jouissive.

Le paradoxe de la retraite

Quand la lassitude et l’impression d’avoir fait le tour d’un domaine professionnel apparaissent ou que le moment de la retraite se profile, alors devrait surgir un nouveau temps, comme un espace de liberté retrouvée, de repos mérité, de changement radical des activités. Or, même préparée et attendue, la retraite suscite classiquement, dans de nombreux cas un moment dépressif important. Le désir sait il vraiment ce qu’il veut ?

A vrai dire si l’on maintient l’hypothèse que la vie est marquée par deux grandes affaires : l’amour d’une part et le travail de l’autre, on peut penser que le seul avantage de la retraite, après une vie consacrée au travail pourrait être de se consacrer – enfin – à l’amour. De réaliser un fantasme de couple. Mais souvent il est tard. Et bizarrement la retraite est le début de l’ennui, ou de la dépression. Les comptables sont souvent les témoins de cette castration brutale.

Danièle :

« Toute sa vie de travail durant, ce dentiste s’est plaint à moi, qui suivait ses comptes, de son souhait de laisser enfin un jour les molaires cariées et les céramiques à poser. Il est parti à 50 ans avec des moyens confortables. Deux ans après il est revenu me voir. Après un an et demi de sentiment de vacances, il a découvert que son cabinet lui manquait et recherchait des remplacements ».

 

Le paradoxe du millionnaire

Souvent le travail n’est accepté qu’au prix de l’espoir de s’en passer enfin. Toute l’industrie des jeux de hasard est basée sur cette dimension. Gagner au loto permettrait à coup sûr de quitter les contraintes et les difficultés subies dans la tâche quotidienne. Mais, de nombreux témoignages s’en sont fait l’écho, le passage à la possibilité d’un « non travail » est rude. Quelque chose d’essentiel disparaît. Faire de la situation nouvelle un avantage passe par l’abandon de dimensions structurantes inconnues et révélées alors comme essentielles, pour en construire d’autres. Quand la pièce devient trop grande on ne peut plus s’appuyer aux murs.

Pierre :

Il ne l’espérait plus vraiment, mais c’est arrivé. Sa constance a payé autant que la foi en son étoile. Il y croyait sans y croire, mais y croyait quand même. Il a 37 ans et vient de gagner au loto. Tout lui est permis, il peut se passer de travailler, et avec un peu de crainte stupéfaite, il concrétise jusque dans sa démission ce qu’il s’était juré de faire. Des Avocats et des banquiers, puis des psychologues l’ont prévenu mais ces spécialistes bavards et attentifs ne lui ont pas laissé le temps de comprendre tout ce qu’ils disaient, et leurs avertissements restent des menaces décalées et abstraites. De plus, il est beaucoup plus riche qu’eux désormais. Il se l’était juré : une vie de loisirs et de voyages. Mais après quelques mois d’une euphorie étrange, tout retombe et le monde redevient plus gris qu’avant. Certes la ruine n’est pas de la partie, mais son énergie disparaît. Parfois il pense que le retour au travail arrangerait les choses, mais ce n’est plus possible, le décalage est trop grand. Dilapider ce qui reste ou se détruire dans sa cave résoudrait le mensonge apparu depuis le ticket gagnant.

 

Le désir de travail ne peut il donc mourir quand on lui demande de le faire?

Ashton, 62 ans l’a bien mérité, Une vie réussie de chef d’entreprise et deux affaires superbes, vendues, dont l’une remarquablement bien. Son entourage attend qu’il cultive l’art d’être grand-père dans la propriété familiale. Aussi tout le monde s’étonne quand deux ans plus tard, il propose à des anciens membres du club d’entrepreneurs auquel il appartenait de reprendre à trois une petite entreprise à « fort potentiel. ». Leur refus poli et argumenté, le laisse au bord de la dépression. Son rôle au sein d’un petit club d’investisseurs ne lui suffit pas, il voudrait vraiment s’y remettre à fond. Dans la glace il se trouve bronzé, bien conservé et malheureux.. Comment pourrait freiner cette tentation permanente de reprendre du service ?


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Le paradoxe de la situation de travail (3)

Voici la suite de ma série d’articles sur les paradoxes du travail. Bonne lecture à tous.

Lire le 1er / Lire le 2nd


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Le sentiment que « la personne qui travaille est respectée », peut naître d’une amélioration des conditions de travail, mais cela ne suscite pas pour autant l’engagement et l’effort. L’effort est signe plus convaincant, lui, d’une mise en route du désir. On peut citer de nombreux cas ou quelque chose vient ainsi gâcher la belle ordonnance des logiques managériales de la motivation, hideux, superficiel et syncrétique concept, qui prétend rendre compte de l’alpha et l’oméga de la bonne relation au travail en déguisant d’un peu de hi-tech relationnel la vieille méthode « bâton / carotte ».

J’ai repris cette petite entreprise au fonctionnement moyenâgeux, il y a deux ans. Depuis le début le propriétaire hurlait sur ses employés, sans jamais les augmenter, sans même leur adresser autrement la parole. Le produit fabriqué est basique, grossier, et les bénéfices ne tiennent que de la maîtrise d’un marché minuscule qui n’intéresse personne d’autre.

Depuis 20 ans ils supportent ça sans broncher.

J’ai eu l’ambition d’industrialiser et de développer progressivement cet atelier : rangement, habits propres et outils neufs, formation pour tous et intégration de jeunes, nouvelles machines, produits en évolution, réunions d’information et souci social, intéressement aux bénéfices. En deux mots : le progrès et l’humanisme ; mais voilà, plus j’avance sur ces points, moins ils travaillent !

J’ai pris conseil auprès de collègues chefs d’entreprises, ils me conseillent tous de revenir à une poigne de fer….

Le désir de travail, il faut le croire par cette histoire authentique, n’est guère sensible aux conditions de travail, ou, s’il l’est, ce n’est pas tout à fait dans le sens d’une relation logique entre causes et conséquences. La logique pulsionnelle poursuivie jusque dans son élaboration en logique du Désir n’est pas une logique « rationnelle » au sens strict. Le style du manager, le style du management est de peu d’effet si le processus désirant ne peut se nourrir. On verra que ce processus se nourrit essentiellement de quelques dimensions « symboliques » précises et finalement peu nombreuses.

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Le paradoxe de la situation de travail (2)

Voici quelques mois que je n’ai plus publié sur mon blog. Il était temps de remédier à cela avec une série d’articles sur les paradoxes du travail. Voici le second de la liste. Bonne lecture à tous. (Lire l’article précédent)


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Cette nécessité prégnante de parler du travail est parfois compulsive, passionnante, passionnée souvent. Que j’invite quelques collègues à dîner, nous nous jurons bien de n’en pas parler, avant de glisser inévitablement vers cette chose, la seule qui nous unit peut-être : le boulot. En fait c’est le seul objet à propos duquel je puisse vraiment échanger avec celle ou celui qui, sans l’obligation finale de traiter des mêmes dossiers, n’aurait jamais été pour moi autre chose qu’un petit autre inconnu, ignoré et lointain.

Je ne suis pas obligé d’aimer mes collègues, et je n’estime véritablement que ceux qui partagent mes valeurs. Il arrive que parmi tous les autres, j’en déteste quelques-uns, que j’en méprise un ou deux. Certains parfois m’inspirent de la crainte.

Voilà pourquoi la situation de travail est un paradoxe : j’accepte de côtoyer pendant des années des gens que je n’ai pas choisis, pour faire des choses que je ne suis pas sûr d’avoir tout à fait décidées. Assez vite le sens de cette situation ne pourra se trouver que dans la réponse à la question : « Mais qu’est-ce que je fous ici ? ».

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Le paradoxe de la situation de travail (1)

Bonjour à tous,

Voici quelques mois que je n’ai plus publié sur mon blog. Il était temps de remédier à cela avec une série d’articles sur les paradoxes du travail. Voici le premier de la liste. Bonne lecture à tous.


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Le travail est une situation à proprement parler extraordinaire pour tout esprit rationnel. Comment expliquer en effet que des gens qui ne se sont pas vraiment choisis acceptent d’être rassemblés pour faire ensemble des choses qu’ils ont rarement vraiment décidées ? Pourtant ils continuent à travailler, toujours « plus ou moins » ensemble.

C’est notre cas à tous, que nous soyons employés ou employeurs, clients ou fournisseurs. La plupart du temps, nous laissons cette situation perdurer au fil du temps, bien qu’elle soit au final assez souvent vécue, comme prégnante, préoccupante, saisissante, d’une façon que nous ne maîtrisons pas.

Que cela soit prégnant est attesté par le fait banal de la compulsion à parler du travail :

« Dés que la journée de travail est terminée, il me semble urgent et important de trouver un interlocuteur auquel j’irai raconter les points essentiels de ma journée de labeur. Ce qui vient alors dans ma bouche est constitué ordinairement d’un peu de plainte, de quelques médisances, d’un doigt de vantardise, de critiques aigres concernant ceux qui sont au dessus de moi, de remarques parfois désobligeantes à propos des collègues, ou de ceux qui dépendent de mes décisions. »

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Le travail, le manager et la fonction paternelle (Le Désir de travail 4/4)

Voici la suite de la série d’interviews réalisée avec Precepta Stratégique, le thème du jour étant « Le travail, le manager et la fonction paternelle »

La première série d’interviews se basait sur mon second livre : Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail.

Cette fois ci, nous revenons sur mon premier livre, Psychanalyse du lien au travail: Le désir de travail, dont voici le troisième épisode. 

Bon visionnage !

Une interview menée par Thibault Lieurade.

Voir les vidéos sur le site de Xerfi / Precepta


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