Une fête du Désir de travail. Le 1er MAI, le dernier MAIS.

Des sous et du Désir de travail

La fête du « travail comme Désir »

Un jour improbable, on se mettra à faire carnaval pour la fête du « travail comme Désir » sans se demander s’il s’agit de la fête du travail ou bien celle des travailleurs, si les américains ou les français sont à l’origine du choix de ce jour, si Pétain ou Séguy ont suscité sa réinvention.

On fêterait le Désir de travail pour embêter ceux qui veulent en permanence s’ériger comme les rois de la motivation, faire la nique à ceux qui souhaitent devenir les princes de la mise au travail (comme on dit mise en prison ou mise en bière), un doigt d’honneur à ceux qui voudraient se poser comme les régulateurs du temps de travail, un signe d’adieu à tous ceux qui voudraient en faire une chose maîtrisable, organisable, programmable et tristement pénible ou pauvrement contraignante.

On fêterait le Désir de travail pour tous ceux qui ont des idées, des projets, des rêves et la volonté de les réaliser, pour tous ceux qui savent qu’ils doivent leur réussite au Désir de travail de chacune des personnes qui sont à leurs côtés, ayant accepté de fonder leur désir sur celui là, le Désir étant aussi le Désir de l’Autre.

Lire la suite

Le travail et  » les bons sentiments »

Le bonheur au travail ?

Le travail n’apportera pas le bonheur, car c’est l’amour qui est chargé de cette nécessaire illusion humaine. Au mieux, parfois, le travail apportera « l’épanouissement ».

Par contre, dirigeants et employés devront réellement exiger cela : que le travail n’apporte pas du malheur, et qu’il n’abîme jamais ni le corps, ni l’amour, ni… le travail lui même.

Quant au « bien-être au travail » que tout le monde appelle de ses vœux aujourd’hui, il faudra bien que cabinets, syndicats et politiques cessent d’en parler comme d’une norme d’organisme certificateur. Car « être bien » au travail, ne relèvera fondamentalement que de la décision du Sujet lui même et de personne d’autre.

Sois heureux et travaille.

Je ne veux pas que mon n+1 cherche à obtenir mon sourire pour accroître ma productivité. Mais je voudrais pouvoir exiger de sa part les moyens de travailler proprement. Je voudrais que, par exemple, il s’arrange pour obtenir ma confiance et mon engagement productif par la clarté de sa position et que, de grâce, il me laisse en paix pour la question du bonheur, parce que ça, c’est mon existence.

« Sois heureux, et travaille » est en effet une injonction paradoxale en totale équivalence avec « travaille et tais toi ».

Le travail et les bons sentiments ?

J’aimerais voir cesser le fatras inutile des bons sentiments autour des RPS (risques psycho sociaux) dont l’hystérisation forcenée après la crise de FT qui les a mis au devant de la scène, fait l’affaire de médias, d’experts et de cabinets qui ne veulent pas les voir changer (afin de continuer à faire suer le burnous), de politiques qui osent plus y changer quoique ce soit (afin de ne pas effrayer l’opinion), de syndicats qui n’y souhaitent pas voir changer un rapport de force favorable (afin de perpétuer la tradition du combat social).

J’aimerais, je le confesse, que puisse être dépassée cette façon de penser : Non, le secret du travail n’est pas dans l’emploi, Non, le secret de  la souffrance au travail n’est pas essentiellement  dans l’allègement des contraintes.

Revenir à l’essentiel, surtout s’il est ignoré

Pourtant, c’est certain dans notre existence, la question du lien au travail est essentielle, et sa fragilité incontestable. Mais pourquoi serait il si difficile d’admettre que ce lien est marqué originellement par le Désir et l’angoisse, naturellement associés. Pourquoi faudrait il convoquer « l’ouvriérisme post moderne », ou l’approche « ergonomique », qui traitent de questions nécessaires mais toujours à côté de  celle, essentielle pourtant, du « Désir de travail ».

Pour en finir avec les risques psycho sociaux il faudrait se battre tous les jours et ensemble pour la préservation ou la restauration de l’identité professionnelle. Car on peut de façon modeste mais opérationnelle redonner au travail sa place « désirante », et voir s’estomper tout ce « fatras psycho social ».