La fin des Risques Psycho-Sociaux (RPS)

Le lien entre ambiance et sécurité – L’ambiance positive de travail. (4/6)


Pour bien comprendre le sujet et le contexte, et si ce n’est pas déjà fait, je vous conseille de lire les billets de blog qui précédent cet article.


Rappel : L’ambiance de travail positive désigne un état psychologique contagieux éprouvé par les membres d’un groupe de travail dans lequel chacun ressent ce qu’il faut de confiance en les autres, et une vigilance partagée. Cela s’accompagne d’un sentiment de réalisation, dans une juste distance à l’entreprise.


L’ambiance de travail positive renforce la sécurité psychique au travail et développe la culture de la vigilance à ce risque, qui se révèle toujours avec le temps de plus en plus pernicieux et dangereux.

Comment l’effort portant sur l’ambiance de travail peut-il véritablement constituer la base de la prévention des risques ?L’amont préside toujours à toute vraie prévention, on le synthétisera ici en 4 points :

Une bonne ambiance de travail rend naturel le « safe-skill ».

Le safe-skill est l’attitude de sécurité de fond, « naturelle » en quelque sorte, sans pour autant être alarmiste ou traquer en permanence l’accident, le mal être ou le malaise. Cette attitude serait « le doux souci » en continu pour les attitudes et les comportements.

Afin d’éviter que ce savoir être spontané ne devienne un stress réglementaire ou une obligation de plus, il n’a besoin que d’une chose : une ambiance positive de travail qui rend sensibles les signaux faibles et maintient en permanence le juste équilibre entre négligence et alarmisme.

L’ambiance de travail équilibrée, développe la vigilance croisée.

La vigilance croisée installe une sorte de « morale de l’altruisme ». Un état d’esprit qui dirait : quand je pense à toi je pense à moi, et vice versa. il est clair que cela ne sera pas possible si des « comptes non réglés, (i.e. non parlés) existent encore dans les relations.

Une ambiance positive crée des échanges simples en excluant de fait les comptes à régler, et fabrique spontanément une vigilance croisée.

Une ambiance positive de travail limite l’impact d’éventuels problèmes personnels.

On en est sûrs, la vie personnelle peut influencer notre humeur au travail. En aucun cas le travail n’a le pouvoir de soigner les problématiques familiales ou intimes. Mais que dire si une ambiance de travail déplorable vient en « rajouter une couche » ?

Une bonne ambiance de travail ne soigne donc pas des problématiques personnelles, mais limite la tristesse associée en faisant du travail une zone de refuge, d’équilibre et de compensation.

Une ambiance relationnelle favorable renforce l’identité collective.

Pour apporter de la sécurité psychologique à chacun dans un groupe il est nécessaire d’y voir apparaître une ambiance de travail favorable. La contagion de l’ambiance positive, en effet, démultiplie les possibilités d’installation d’une idée ou d’une image de « DreamTeam » à laquelle s’identifier de façon positive. Le cercle vertueux est alors accompli dans ce cas : l’ambiance favorise la solidarité, qui renforce l’équipe, qui renforcera la sécurité, qui renforce l’ambiance.

Au final, on le voit, la sécurité psychique, et la prévention des RPS ne relèvent pas tant de la mise en place d’une surveillance « psychiatrique » médicale ou soignante, que de la mise en place progressive et « soigneuse », d’un état d’esprit dont les caractéristiques se rassemblent au sein du concept d’ambiance relationnelle de travail et des 21 critères qui la constituent.

Prendre soin de cet aspect d’ambiance c’est aussi prendre soin du lien positif avec le travail.

Là se trouve la vraie « prévention primaire ».

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Le Désir de travail sans malentendus

Le Désir de travail sans malentendus ?

L’association « Pratiques Sociales »  organisait du 18 au 20 Novembre les IXX èmes journées d’études de son réseau, sur le thème : Travail, management, performance, entre contraintes et inventions.

J’y étais invité à prononcer une conférence sur le Désir de travail.

L’accueil et l’ambiance furent très sympathiques et le public, composé de travailleurs sociaux, était à priori favorable au point de vue analytique car l’association créée par SAÜL KARSZ se réfère explicitement (entre autres) à Freud et Lacan, avec une ouverture au débat qui est rare. Voyez plus bas les références de cette association.

L’accueil du concept de désir de travail semble avoir été positif et a suscité beaucoup de questions dont quelques unes étaient liées à des malentendus. Cela me donne l’occasion de reprendre le concept d’une façon toute pédagogique, qui créera d’autres malentendus, mais…

Le Désir de travail est une dimension trans-individuelle portée par chacun.

Désir et non envie.

Le désir de travail n’a rien à voir avec le plaisir, le bien être ou le bonheur au travail, ni même avec l’envie de travailler mais désigne clairement  une énergie qui pousse l’humain  à s’organiser « avec les autres » pour la survie de l’espèce.

L’inconscient pulsionnel.

Personne, aucun humain ne peut échapper au Désir de travail, chacun est concerné par ces deux forces particulières : l’amour et le travail. Ce sont deux dimensions essentielles, universelles et pulsionnelles.

Symbolique, imaginaire, réel du travail.

Le Désir de travail doit trouver dans la réalité du boulot qui l’exprime des symboles désignant sa nature humaine.  Cette dernière se manifeste aussi par de puissants paradoxes désirants (ex : harcèlement ou workaholism) ou des représentations constituant progressivement « l’imaginaire » et la réalité du « boulot », des ressources humaines et du management.

L’objet : le travail c’est « les autres ».

Le désir de travail trouve au final à se représenter dans le regard social  et l’attente des autres par le biais de l’identité professionnelle. Agir sur cette dernière est la seule possibilité ouverte d’une action quelconque  ( gestion, coaching, management…) de l’ordre de la préservation de l’intégrité  du lien au travail des uns ou des autres.

Le sujet DU travail.

Malgré les apparences, le Désir de travail présente des modalités très particulières d’une personne à l’autre. En prenant garde à ne pas confondre lien au travail et lien à l’emploi, il est possible découvrir comment chaque sujet du travail à la fois porte exprime à sa façon cette dimension universelle.

Références de l’association « Pratiques sociales » SAÜL KARSZ Page numérique mensuelle « le pas de côté »

pratiques.sociales@wanadoo.fr Siège 23 rue Pierre legrand 94110 Arcueil Secrétariat 17 bd du Garigliano 6500 Tarbes