Des privilégiés en grève aux jeunes Jihadistes français…

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Quand ils se sont mis en grève du 15 au 22 septembre, pour protester contre la filiale à bas coûts du groupe, ce fut un des plus longs conflits menés par des pilotes d’Air France depuis 15 ans. Le conflit se poursuivit par la demande de remboursement des jours de grève. Evidemment on pourrait croire que ces privilégiés grévistes ont fait l’objet de l’opprobre générale. Mais il faut reconnaître que le scandale ne fut pas énorme, même si la réprobation des voyageurs allait bel et bien vers l’exaspération.

Quand de jeunes français, originaires  de toutes « nos belles régions » et pas seulement des banlieues  « à risques » apparaissent à visages découverts parmi les fanatiques formés en Syrie, on est en face d’un signe social important. “Le salafisme offre un creuset où on peut trouver une identité, un groupe de frères, un idéal partagé “, reconnaissent à mots couverts les journaux. On pourrait s’attendre dès lors à une interrogation majeure des politiques et à un choc identitaire important dans la population. Certes le choc est important, mais pas autant que ce qu’on aurait pu imaginer.

Ces deux phénomènes ont pour nous un sens extrêmement précis. Ils sont une conséquence quasi directe du mépris dans lequel on a tenu en Europe la dimension « Désirante «  du travail. En l’occurrence, c’est une de ses dimensions « idéales» (le rêve mégalomane) qui a été négligée.

Définition : le rêve mégalomane, c’est cette partie du travail qui vise autre chose que nos seuls besoins, or, c’est la seule partie inconsciente du travail capable de créer de « l’engagement »

Qu’on menace les seigneurs du ciel de devenir « low-cost » ou que l’on prive les jeunes gens « de chez nous » de la possibilité d’un idéal, et le désir de travail n’aura pas d’autre choix que de trouver une autre voie de sortie, un autre lieu de réalisation,  même au prix d’un décalage existentiel : privilégiés se mettant en grève, jeunes se mettant hors culture.

Au final, quelque chose de nos regrets est sollicité et admis comme légitime chaque fois que quelqu’un proteste au nom de l’idéal de travail.  Pour cette raison, ces deux phénomènes ne font pas vraiment scandale, le combat étrange qu’ils manifestent est encore notre espoir.

Alors dites moi, dans les entreprises, dans les administrations, dans les organisations, depuis quand n’a t’on pas pu trouver une identité (professionnelle), « un groupe de frères, un idéal ou un combat partagé » ?

Pourquoi la crise n’a t-elle pas pu jouer ce rôle ? Pourquoi l’Europe (par exemple) n’a t-elle jamais pu prendre la place de cet idéal ?

Réponses au prochain article…

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