Des nouvelles ?

Bonjour à tous,

Il y a bien longtemps que je n’ai pas publié sur ce blog.

De plus, et vous pouvez le constater, beaucoup d’articles ne sont même plus en ligne..

Il y a une raison pour cela ! L’ensemble de mes anciennes publications (et les nouvelles) sont maintenant disponibles sur le site www.workcare.fr.

Pour les curieux, « Workcare est un outil & un service de mesure du moral des collaborateurs conçu pour les organisations souhaitant prévenir les risques psychosociaux et s’engager dans une démarche d’amélioration continue de l’ambiance de travail. Avec une analyse simple, visuelle et rapidement opérationnelle, Workcare permet de déterminer les actions managériales prioritaires en se basant sur le vécu professionnel des répondants tout en préservant la confidentialité et la sécurité de chacun ». (On a bien travaillé notre pitch commercial, vous ne trouvez pas?) 

A l’avenir ce blog devrait devenir plus personnel. D’ailleurs, je vous raconterai ici prochainement toute l’histoire derrière la création de Workcare.

En attendant, voici les endroits ou me retrouver :

Je vous souhaite une bonne journée et à très vite,

Amitiés, Roland Guinchard

Des privilégiés en grève aux jeunes Jihadistes français…

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Quand ils se sont mis en grève du 15 au 22 septembre, pour protester contre la filiale à bas coûts du groupe, ce fut un des plus longs conflits menés par des pilotes d’Air France depuis 15 ans. Le conflit se poursuivit par la demande de remboursement des jours de grève. Evidemment on pourrait croire que ces privilégiés grévistes ont fait l’objet de l’opprobre générale. Mais il faut reconnaître que le scandale ne fut pas énorme, même si la réprobation des voyageurs allait bel et bien vers l’exaspération.

Quand de jeunes français, originaires  de toutes « nos belles régions » et pas seulement des banlieues  « à risques » apparaissent à visages découverts parmi les fanatiques formés en Syrie, on est en face d’un signe social important. “Le salafisme offre un creuset où on peut trouver une identité, un groupe de frères, un idéal partagé “, reconnaissent à mots couverts les journaux. On pourrait s’attendre dès lors à une interrogation majeure des politiques et à un choc identitaire important dans la population. Certes le choc est important, mais pas autant que ce qu’on aurait pu imaginer.

Ces deux phénomènes ont pour nous un sens extrêmement précis. Ils sont une conséquence quasi directe du mépris dans lequel on a tenu en Europe la dimension « Désirante «  du travail. En l’occurrence, c’est une de ses dimensions « idéales» (le rêve mégalomane) qui a été négligée.

Définition : le rêve mégalomane, c’est cette partie du travail qui vise autre chose que nos seuls besoins, or, c’est la seule partie inconsciente du travail capable de créer de « l’engagement »

Qu’on menace les seigneurs du ciel de devenir « low-cost » ou que l’on prive les jeunes gens « de chez nous » de la possibilité d’un idéal, et le désir de travail n’aura pas d’autre choix que de trouver une autre voie de sortie, un autre lieu de réalisation,  même au prix d’un décalage existentiel : privilégiés se mettant en grève, jeunes se mettant hors culture.

Au final, quelque chose de nos regrets est sollicité et admis comme légitime chaque fois que quelqu’un proteste au nom de l’idéal de travail.  Pour cette raison, ces deux phénomènes ne font pas vraiment scandale, le combat étrange qu’ils manifestent est encore notre espoir.

Alors dites moi, dans les entreprises, dans les administrations, dans les organisations, depuis quand n’a t’on pas pu trouver une identité (professionnelle), « un groupe de frères, un idéal ou un combat partagé » ?

Pourquoi la crise n’a t-elle pas pu jouer ce rôle ? Pourquoi l’Europe (par exemple) n’a t-elle jamais pu prendre la place de cet idéal ?

Réponses au prochain article…

Un avis sur mon livre…

Merci à Aurélie Solenne (son Twitter) pour sa critique positive de mon livre sur les personnalités difficiles. Article trouvé sur son blog.

Des personnalités difficiles ou dangereuses, on en a tous rencontrés. Des chieurs et des emmerdeuses. Des pénibles de toutes sortes. Je suis bien persuadée que les bibliothèques ne sont pas épargnées (loin de là !), alors je me suis dit que j’allais vous parler un peu de ce livre.

Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail : identifier les comportements et gérer les troubles / Roland Guinchard. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson, imp. 2013, cop. 2013.

Tout d’abord, je l’ai lu d’une traite, tant je l’ai trouvé passionnant, et c’est bien pour ça que je vous le recommande. Pourtant, je partais avec un a priori négatif, sachant qu’il s’appuie sur l’hypothèse psychanalytique, dont je n’avais pas une bonne image. Mais Roland Guinchard a une écriture si claire, si synthétique, si convaincue, ses exemples sont si bien choisis, que j’ai trouvé difficile de lui résister. Ce qu’il dit fait sens et il m’a semblé reconnaître dans ses descriptions quelques personnes… Surtout, il donne des conseils très pratiques pour gérer les personnalités difficiles dans le cadre du lieu de travail. Enfin, j’en ai aussi un peu appris sur moi.

Toujours pas convaincus ? Alors je vais vous résumer une petite partie de son raisonnement.

Tout d’abord, la définition d’une personnalité difficile :

« Une personnalité difficile manifeste un comportement inadapté à la situation de travail, de façon répétitive et sans raison accessible, entraînant une gêne réelle pour l’entourage professionnel et pour la performance de l’entreprise, avec une vraie difficulté, voire une certaine souffrance, de la personne difficile elle-même. »

Partant de cela, il faut savoir que nous sommes tous des névrosés. Ce qui est une bonne nouvelle car cela veut dire que nous sommes pas des psychotiques. Les névroses sont là pour compenser les petites explosions d’énergie inconsciente qui bouillent sous le voile de notre conscience et s’en échappent parfois. Au final, chacun de nous est en moyenne à 70% hystérique, à 20% phobique et à 10% obsessionnel. C’est lorsque ces pourcentages dévient fortement de cette norme qu’une personne devient une personnalité difficile.

Les hystériques regroupent la plus grande part des personnalités difficiles. Chez une personne normale, l’hystérie, c’est ce qui nous pousse à nous interroger sur ce que les autres pensent de nous, leur opinion, l’impression qu’on leur fait, c’est l’envie de plaire.
Chez la personnalité difficile à tendance hystérique, on va remarquer un aspect démonstratif (la personne « donne à voir », que ce soit en bien ou en mal, pour être admirée ou critiquée), un aspect touchant à la dimension du corps (le corps désirable ou le corps en plainte, ceux qui « allument » et ceux qui se plaignent constamment d’avoir mal quelque part), un aspect d’inauthenticité (excès dans la présentation des sentiments, variations fréquentes et rapides de l’humeur, les problèmes personnels envahissent l’environnement professionnel) et enfin un aspect d’insatisfaction (l’hystérique ne peut être satisfait, jamais).
Alors, comment gérer une personnalité hystérique ? La formule que propose Roland Guinchard repose sur 95% de distance et 5% de reconnaissance. Il faut, en toutes circonstances, rester professionnel et relativement distant mais savoir, de temps en temps et quand c’est justifié, féliciter et dire que les choses vont bien. Car en fait les personnalités hystériques semblent être angoissées par une absence de repères, ne sachant pas exactement où se situe la frontière entre vie professionnelle et vie privée. Elles vont alors tester cette limite pour s’assurer qu’elle existe bien. Il faut donc matérialiser d’autant plus fermement cette limite afin de les rassurer, sans oublier de leur donner leur dose homéopathique de compliments.

Je vous laisserais découvrir par vous même les deux autres versants des personnalités difficiles : les obsessionnels et les phobiques ; ainsi que les personnalités dangereuses représentées par les psychotiques, soit paranoïaques, soit pervers… C’est un voyage vraiment passionnant dans la psyché humaine, dont on ressort un peu changé et avec un nouveau regard sur nous-même et sur les autres.

 

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